La Serre Che Luc Alphand et Raid VTT dans le Queyras

Publié le par Michel et Nicolas en gras

Queyras 2005

Vendredi 8 juillet
Nicolas et moi quittons Strasbourg à 7h30 et arrivons à Monetier les Bains vers 17h00.
Nous installons notre tente sur le terrain de notre collègue Claire qui possède une maison de vacances. Elle nous invite au repas du soir en compagnie de son mari Alex et de ses 2 fils.
 
Samedi 9 juillet
Nous partons à Villeneuve chercher nos dossards. Le temps est à la pluie et nous trouvons abri sous le stand d’un exposant vélociste très sympa et très volubile qui nous parle de vtt, de matériel et d’autres choses encore ; nous retiendrons de ces discussions que le vélo de route est un sport de pd !
Sous une petite pluie nous regagnons notre tente, et nous mangeons.
L’après midi nous remontons la vallée vers le col du Lautaret sans l’atteindre. A la descente le temps est vraiment à la pluie et nous trouvons refuge dans la voiture.
Claire nous offre la possibilité de préparer notre repas dans sa cuisine, elle est invitée chez sa sœur et la pièce est disponible.
 
Dimanche 10 juillet : La Serre-Che Luc Alphand. Cyclosportive.
Nous avons dormi chez Claire , il a plu toute la nuit.
Le réveil sonne à 5h30 et en mettant le nez dehors moi suis bien déçu de voir qu’il pleut toujours et la température ne doit pas dépasser les 8 °C.
Nous décidons de nous préparer quand même, d’aller au départ de la course.
De nombreux cyclistes sont présents malgré les conditions. J’ai   revêtu un collant long, un maillot à manches longues avec la fine polaire dessous et évidemment un coupe vent.
Nicolas et moi sont séparés et tout le monde ne part pas exactement en même temps et finalement je ne sais pas ou se trouve Nicolas, je suppose qu’il est derrière moi, de ce fait, je prends un départ plutôt lent, il s’avèrera en fait qu’il était devant !
Dans la descente de Briançon, je suis complètement gelé et trempé, déjà, et je suis bien content d’attaquer les côtes qui nous permettent de rejoindre Guillestre.
Je saute le ravitaillement et me sens très bien dans la montée qui nous amène dans la vallée du Guil. Je suis dans un bon wagon, nous roulons à 30km/h.

Je suis effectivement monté dans les premiers rangs du peloton voir où était Michel. Il n'était pas là. D'entrée, les conditions exécrables ne présagent rien de bon. Trempé au bout d'un quart d'heure malgré les vêtements d'hiver (en Juillet !) que je porte. Ca roule très vite, 50 km/h. Les gars roulent mal et je flingue encore plus pour rejoindre le tout premier groupe qui a pris de l'avance. Je n'y arrive pas, car tout seul, c'est mission impossible. Je paierai ces gros efforts que je prodigue en début de course. Quel cake !

Je suis la roue d'un triathlète en position de contre la montre dans les gorges du Guil. Il se prépare pour l'Embrunman.

Je me retrouve rapidement seul car mes forces déclinent.

Il reste 75 km avec le col de l'Isoard.


Malgré la pluie qui ne cesse pas, nous nous engageons dans la montée du col de l’Izoard. La montée jusqu’à Brunissard se passe bien.

Pour ma part, je suis en hypoglycémie dès le début du col. Super ! Je ne l'ai jamais gravi et je connais sa réputation. Ca risque d'être pénible. Et ça l'est ! Sur le petit robinet, je peine à Arvieux, où la pente me paraît une torture. Certains montent à pied. Plutôt crever. Je serre les dents, je me fais mal et je finis par passer les portions les plus raides. Mon moral croît lorsque je commence à rattraper des cyclos qui m'avaient "avalé" au début de l'ascension. Ils ne font pas les malins. Moi non plus. C'est un moment d'intense humilité pour tout le monde.

Au ravitaillement d’Arvieux j’ai pris mon temps et ai mangé du pain et du fromage. Ensuite il faut escalader une route très pentue qui nous permet de rejoindre la Case Déserte. Dans ces fortes pentes je commence à ressentir la fatigue, je ne suis pas le seul, et autour de moi cela ne va pas bien vite. Je plains ceux qui n’ont pas de triple plateau, ils emmènent des braquets énormes et montent en équilibre !
Un vent très froid et contraire nous attend dans la Case. Il pleut et il neige, il fait vraiment très froid et ce passage qui n’est pas très raide en faite, s’avère très difficile. Au mental nous atteignons le col. Il y a un ravitaillement, aucune boisson chaude n’est proposée, d’ailleurs il n’y en a jamais dans toutes les organisations cyclistes. J’ai les mains gelées, je n’ai pas de gants d’hiver et c’est un gendarme qui sort mes lunettes de ma poche arrière, tant mes doigts sont gourds.

J'hallucine complet lorsque la neige tombe. Il fait très froid avec le vent. Quelques virages en épingle avant le sommet, une énorme crampe à la cuisse me fait somatiser. ARGHHHHHHHHHHHHH ! J'arrête net. Pas moyen d'avancer. Pourtant j'ai pas mal bu, mais le froid sévit et ça ne pardonne pas. Je fais des étirements de mes quadriceps en pensant à cet instant abandonner. La crampe diminue d'intensité et je remonte sur le vélo en roulant avec une seule jambe. Ca devient grotesque ! Je parviens au col, et je passe le ravito. Pas question de perdre du temps. Quand on est con....
La descente est glaciale, j’ai pu glisser du papier journal sous le maillot, et dans la première partie je n’ai froid qu’aux mains, mais vraiment très froid. Quand je le peux, je lâche le guidon et secoue mes doigts, je ne sens plus les poignées de frein.

Etant revenu sur quelques costauds, la descente me paraît surnaturelle. Ca glisse, il y a beaucoup de virages, le froid est multiplié avec la vitesse, par un coefficient en puissance de 10, et pourtant, ça va à toute vitesse autour de moi. Comment font ils ? Pourtant, je ne suis pas un mauvais descendeur. Certains prennennt des risques énormes. Mes patins de freins sont mangés par la pluie. Je me fais quelques frayeurs.

Après le village de Laus c’est à tout le corps que j’ai froid, je descends en tremblant sur le vélo !
A Briançon je me retrouve avec un petit groupe qui roule bien et je parviens à suivre les roues ; les forces reviennent et l’effort de montée permet de se réchauffer rapidement. La circulation automobile est très dense dans la montée du col du Lautaret, cela est du à la fermeture temporaire du tunnel de Fréjus suite à un accident.
Nous arrivons à la fameuse bifurcation où ceux qui se sont engagés aux 120 km ont terminé, et, où, ceux comme moi doivent continuer avec au programme la montée du col, la descente de l’autre côté jusqu’à Villard d’Arêne, demi-tour et retour par le même chemin.

Moi j'arrête. La comédie n'a que trop duré. Je suis content d'avoir terminé les 120 bornes avec le col de l'Isoard et ces conditions dantesques. J'en retire une certaine satisfaction : j'y étais !

Continuer le parcours long ne m'intéresse pas. Je suis vidé physiquement et je ne pressens aucun plaisir en perspective. L'avenir me donnera raison.

Je n’ai plus froid et j’ai même commencé à sécher. Il ne pleut plus, et un timide rayon de soleil illumine le fond de la vallée. Je ne sais pas où est Nicolas ; continue t-il le parcours, ou a t-il abandonné ? Dans le doute je continue…….Et me voilà dans la montée du col du Lautaret. Au ravitaillement de Monetier je laisse mon coupe vent et mes sur-chaussures fines qui ne sont pas d’une grande utilité d’ailleurs. Maintenant, je suis vraiment épuisé, je roule très lentement, à 10km/h, dans les pentes faciles. Je croise les premiers qui en en ont terminé. (5h30). Ensuite c’est assez démoralisant de croiser tout le temps ceux qui redescendent le col, et je cherche parmi les cyclistes si je ne vois pas Nicolas. J’atteins enfin le col du Lautaret que je dois descendre    sur 7 km. De nouveau j’ai froid et je regrette d’avoir laissé mon coupe vent au dernier ravitaillement. Je pensais alors que la timide éclaircie allait se développer, que né ni, la pluie fine est revenue et un vent glacial souffle. Cette descente est très dure moralement, il va falloir remonter tout ça, je   croise des cyclos et je sens bien dans leurs regards une certaine compassion. Bon ,me voilà à Villard, ravitaillement, encore et montée très raide dans le village. La suite n’est que souffrance, je suis extrêmement épuisé, je monte comme je peux et lutte contre un vent glacial, je me répète, et les crampes font leur apparition dans les cuisses. A un km du sommet, je suis complètement bloqué, je m’arrête, je tends les jambes, je crois même que je pleurs tant je souffre, comment vais je parvenir à atteindre le col ? En marchant un peu, les crampes me laissent un peu de répit et me voilà enfin en haut.
Descente, je roule debout sur les pédales pour tendre les jambes, à chaque fois que je tente de me rasseoir immédiatement les crampes reviennent, elles sont à l’affût. Je parviens à prendre la roue d’un cycliste qui me double, la température augmente en perdant de l’altitude, je peux enfin pédaler normalement, je prends quelques relais, et c’est………l’arrivée. Pas grand monde pour nous accueillir , les crampes reviennent vite, et j’aperçois Nicolas qui me félicite ; il a pour sa par fait le parcours des 120km. Pendant la demi-heure qui suit je ne me sens pas bien du tout. Sous une grande tente, l’organisation de la course a prévu des séances de massage. Je me fais masser par une charmante jeune fille, mais malgré ses soins les crampes ne disparaissent pas et finalement c’est en marchant et en buvant beaucoup qu’elles vont disparaître. Nicolas est parti chercher la voiture car Monetier est à 10km au-dessus de l’arrivée et je ne me sens pas capable de les faire à vélo. En attendant je me ravitaille . Une restauration est prévue pour les cyclos. J’ai mis 7h30 pour faire les 170km, je me suis arrêté environ 15mn aux différents ravitaillements. Sur le coup je ne suis pas satisfait de la   course ; quelle galère !
Le soir nous invitons Claire et son mari au restaurant pour les remercier de leur acceuil.
 
Lundi 11 juillet
Lundi matin nous quittons Monetier et à 11h30 nous sommes St Paul sur le flan sud   du col de Vars. Il fait beau, le soleil brille enfin. Nous remontons la vallée du col de Longet. Sur une dizaine de km la route est goudronnée, cette vallée est très belle, nous faisons quelques photos. Après le village de Malliasset le chemin est en terre et offre quelques passages agréables. Nous prenons notre repas au Plan de Parouart ; plusieurs randonneurs sont installés à la confluence des ruisseaux. Il nous faut porter les vélos durant dix minutes et de nouveau nous atteignons un sentier roulant ; le ciel s’obscurcit , devient menaçant et nous faisons demi-tour. A 15h00 nous nous faisons copieusement arroser, nous parvenons à la voiture trempés.
Nous repartons en voiture , nous repassons le col de Vars et remontons la vallée du Guil pour atteindre le camping d’Aiguille. Beau camping dans les bois de résineux, ombragé à souhait.
Heureusement la pluie a cessé et nous pouvons monter la tente ; la pluie reprend et nous aménageons un abri avec une bâche que j’ai eu la bonne idée d’ emporter, bâche tendue entre les arbres et la voiture. Abrités nous pouvons manger convenablement.
 
Mardi 12 juillet
Nous quittons le camping à vélo. Nous descendons jusqu’à Château-Queyras et empruntons la petite route très raide pour rejoindre le village de Souliers. Dans cette montée je casse un rayon de la roue arrière, et avec la clef à rayons, je tente de redresser la roue. Cette clef mal adaptée, rogne et brise les têtes de rayons et je suis obligé de continuer avec une roue bien voilée ; j’ai peur que d’autres rayons cassent aussi ce qui compromettrait la suite de notre randonnée. Nous atteignons le Village d’Arvieux en étant passé par le lac de la Roue. Au village il n’y a pas de loueur de vtt pour nous dépanner, cependant un jeune vendeur d’un magasin de sport nous indique l’adresse d’un loueur qui est installé au village d’Aiguilles, là où est notre camping. Il nous montre aussi sur la carte des beaux circuits vtt.
Finalement nous décidons de faire demi-tour, nous remontons au petit lac en empruntant un sentier roulant dans la forêt, et nous descendons sur Aiguilles par un chemin surplombant la vallée du Guil. En arrivant au village d’Aiguilles, il est 16h30, la pluie se met de nouveau à tomber et nous trouvons refuge chez le loueur de vtt. Ce type, la soixantaine, très sympa me change le rayon, et comme avec ma clef il rogne aussi les têtes de rayons ; ce sont elles qui sont en cause en fait. Le gars connaît très bien la région ; il a participé à l’organisation de courses vtt et même à l’élaboration d’un article pour un magazine de vtt. Lui aussi nous indique des circuits à faire et complète ainsi notre carte. Comme on dit, à quelque chose malheur est bon, ma roue nous a permis de rencontrer ces deux personnes et d’avoir des renseignements sur les chemins et sentiers intéressants au niveau du vtt.
La pluie ne cesse pas et Nicolas préfère aller manger au restaurant plutôt que de faire comme le soir précédent, à savoir pique-niquer sous la bâche et dans le froid.
A ce restaurant nous prenons le même menu : salade de charcuterie assaisonnée copieusement de sauce toute faite, d’un pavé de viande de bœuf , et d’un dessert au chocolat ; la viande est très bonne, par contre la sauce que nous avons mangée nous a rendu malade ; j’ai du me lever la nuit et je passe les détails désagréables, quant à Nicolas, les conséquences ont été plus tardives et ce n’est que le matin qu’il a ressenti les effets de cette sauce.
 
Mercredi 13 juillet
Beau temps, nous montons en voiture au village d’Arvieux et de là nous grimpons au col de Furfande par une route forestière très raide. En haut il ne fait pas très chaud , le ciel comme les jours précédents se charge de nuages. Descente géniale dans les alpages par des petits sentiers assez roulant, beaucoup de plaisir. Casse-croûte aux chalets de Furfande ; les randonneurs sont nombreux dans ce site. Le sentier emprunte ensuite les courbes de niveau, il reste roulant et à flan de montagne. Il ne faudrait pas tomber….

 

En suivant les recommandations de notre loueur d’Aiguilles, nous passons par les maisons du Queyron et redescendons à Arvieux. Le temps reste convenable, nous prenons un café à une terrasse du village et repartons vers Brunissard et les chalets de Clapeyto. Drôle de nom. Encore une fois le site est remarquable, nous sommes montés par une route forestière et nous descendons par de beaux sentiers trialisants et nous faisons quelques photos. Nous aurions pu prolonger notre ascension vers le col de Tête Noire mais encore une fois le ciel s’obscurcit et nous préférons faire demi-tour. Très belle journée, la plus belle si on se réfère aux sentiers techniques.
 
 
Jeudi 14 juillet
Nous partons du camping sous un beau soleil et nous rejoignons Molines en passant par Prats Bas. Nous continuons notre promenade en traversant le village de St Véran. Repas aux cabanes de Labounnais et nous grimpons jusqu’à l’observatoire du Pic du Château Renard. Situé à 2920m d’altitude ce qui me permet de battre mon record d’altitude à vélo !
A l’observatoire nous avons le droit à une visite guidée, offerte par un astronome amateur.
Nous effectuons l’ascension du Pic qui surplombe l’observatoire à pied. Dans la descente nous faisons des photos en utilisant mon objectif minoltat 135mm.


Et comme nous sommes en forme nous poursuivons notre journée en allant à la cabane de la Blanche. Il y a du monde à cet endroit, je n’aime pas ça et nous redescendons. Très belle descente le long du torrent ; retour au camping par Prats Hauts et nous rejoignons un super sentier zigzag comme on les aime. Quarante virages, pas moins et Nicolas parvient à les passer presque tous.
Enfin une journée sans pluie.
 
Vendredi 15 juillet
Nicolas souffre du genou ; nous avions prévu un circuit vers le col de Péas. J’irai seul sans grande conviction : montée par la petite route de Souliers, et chemin très agréable par la Croix de Soulier. GR 58. Les randonneurs sont nombreux, et je suis gêné dans ma progression, je les dérange aussi. Alors je quitte le sentier, emprunte un chemin vers les des mines. Il est déjà midi et je préfère ne pas insister, demi tour et descente par le même chemin que celui de mardi.
A 16h nous quittons le camping, nous repassons par chez Claire pour récupérer nos vélos de route, suivant ses bonnes indications nous passons par le col du Galibier, au    passage nous ne nous privons pas de critiquer les cyclos qui en font l’ascension, c’est d’ailleurs plaisant de voir les gars souffrir sur leurs vélos ! vers une heure du matin nous sommes à Strasbourg.

 

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Publié dans VTT

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